Historique des Clôtures Paul Pyrat

1 vote

Paul Pyrat était un constructeur-réparateur local de postes de TSF depuis 1928.

En 1943, pendant la guerre, il répare la clôture électrique d’un réfugié Alsacien, en comprend les principes et en saisit les potentialités.

Dans les grandes difficultés de cette période, Paul Pyrat réussit à mettre au point et à fabriquer les premières Clôtures Électriques du Périgord.

Historique des Clôtures Électriques Paul Pyrat :

Né en 1906, Paul Pyrat fait des études secondaires à L’École Supérieure de Garçons d’Excideuil.

Ensuite, autodidacte et persévérant, il apprend et pratique l’électricité, les utilisations des forces de l’eau (bélier hydraulique, roues à aubes et turbines) afin de produire de l’électricité pour l’éclairage de la ferme familiale de Sarconnat. Il a 18 ans.

Après son service militaire une petite turbine alimente en 110 Volts son premier atelier où, à partir de 1928, il se forme à la radioélectricité, assemble les premiers postes de TSF sur accus de la région et devient rapidement l’agent officiel des productions Radiola pour plusieurs cantons.

À partir de 1936, juste marié, il installe de nouveaux ateliers dans les locaux réaménagés du Moulin de Combemarie à Saint Martial d’Albarède près d’Excideuil :

  • Montage, vente et réparation de postes radio et amplificateurs.
  • Mécanique avec perceuse, tour, scie à métaux, meules et soudure à l’arc où il construit 3 turbines Francis et les installe pour produire 2 à 10 KW de courant continu 110 Volts, rendant autonomes ateliers et habitation.
  • Menuiserie avec une scie à ruban.

Pendant la guerre de 1939-1945, en 1943, un réfugié Alsacien demande à Paul Pyrat de lui réparer un appareil nouveau qu’il utilisait avec succès pour garder des vaches : C’est une Clôture Électrique.

Réparant ce premier électrificateur, Paul Pyrat en comprend les principes et en saisit les potentialités.

En ce temps de guerre, d’occupation et de restrictions où il faut de la « monnaie-matière » pour pouvoir acheter du fil de cuivre, des lampes radio, des bobinages ou des accumulateurs, il est difficile de créer une nouvelle fabrication. L’idée astucieuse de mon père est d’utiliser alors des bobines d’allumage neuves ou d’occasion des célèbres voitures « Ford T » - Il y en a 4 par voiture ! - et de les adapter pour produire des impulsions espacées d’une seconde. Ces bobines Ford étaient robustes et on pouvait en trouver en France. Grâce à des petites annonces mon père en a acheté quelques centaines de 1943 à 1950.

De 1943 à 1952 les boîtes, souvent en noyer massif puis en platane sont fabriquées par le menuisier du village. Un nouvel atelier est construit en 1949 ; la scie à ruban et une toupie-ponceuse permettent, en interne, la fabrication de boîtes en peuplier et contreplaqué avec finition par 3 couches de peinture à l’huile.

Pendant la période 1940-1975, la plupart des clôtures électriques produisent les impulsions de gardiennage avec une bobine de Ruhmkorff associée à un rupteur électromécanique qui en alimente le primaire un instant par seconde.

La mise au point du rupteur est le cœur de la réussite de l’entreprise.

À force d’essais et de persévérance, Paul Pyrat optimise un ensemble pivot-balancier-réglage de cadence où le courant alimentant le primaire de la bobine passe par un contact au mercure entre pivot (fixe) et balancier (rotation) et non par le ressort de rappel du balancier. Ce rupteur est réalisé en interne avec des usinages et assemblages simples ; le balancier est léger et sa faible inertie améliore le rendement ; avec des bobines à noyau droit il produit des impulsions plus courtes et plus efficaces à énergie égale que celles des rupteurs à balancier lourd avec un large ressort spiral de rappel.

La réussite des Clôtures Pyrat est indissociable des choix technologiques et des qualités de mise au point et de fabrication du rupteur électro-mécanique de Paul Pyrat.

À partir de 1960 les clôtures sur batteries 6 Volts sont assemblées avec des boîtes en tôle peinte sous-traitées en région toulousaine.

Michel, le fils de Paul Pyrat entre dans l’entreprise en 1962 après une formation technique en électricité industrielle (enseignement secondaire), puis en électronique (enseignement technique supérieur et université).

Les clôtures électriques devant obligatoirement être homologuées avant Juillet 1965 pour pouvoir être commercialisées, c’est Michel Pyrat qui effectue le travail difficile de conciliation des nécessités techniques de conception et fabrication avec les impératifs administratifs de la norme C78-200.

Le Filpic Batterie 6 Volts avec rupteur de Paul Pyrat, bobine améliorée et nouvelle boîte est homologué avec la première publication nationale.

De 1962 à 1967, Michel Pyrat développe les outillages de fabrication des rupteurs, organise les postes de montage, le bobinage des transformateurs, crée un atelier de tôlerie-peinture et imprime les premières sérigraphies sur les boîtes Filpic.

Les marques A. C. E. M. E. - Pyrat, Filpic et Chargefort sont déposées en 1964 par Paul Pyrat.

A. C. E. M. E. = « Ateliers de Constructions Électro Mécaniques et Électroniques ».

En 1967, Michel Pyrat succède à Paul qui arrête son activité.